
Les forces américano-israéliennes poursuivent leurs actions militaires contre l’Iran ; en l’espace de 24 heures, l’armée israélienne a réalisé 170 frappes sur Téhéran (Tehran), couvrant des installations de fabrication de moteurs de drones ainsi que le quartier général militaire de l’Ouest ; un pétrolier du Koweït dans le golfe Persique a pris feu après avoir été touché par un drone iranien. Sous l’effet d’une escalade des tensions, le pétrole brut américain West Texas Intermediate (WTI) bondit de plus de 3 % pour atteindre près de 106 dollars le baril ; le Brent grimpe de plus de 2 % pour s’établir au-delà de 115 dollars le baril.
Le rythme de diffusion de la ligne de front iranienne dépasse les attentes précédentes. Les frappes aériennes d’Israël sur Téhéran s’enfoncent dans la profondeur du potentiel industriel iranien et du cœur du commandement ; 170 cibles d’attaque sont frappées en 24 heures, montrant que les opérations aériennes sont passées à un mode d’offensive dense.
Dans le golfe Persique, le fait qu’un pétrolier koweïtien ait été touché par un drone accentue encore les anticipations de perturbation de l’approvisionnement énergétique. Dans le sud du Liban, un incident au cours duquel des forces de maintien de la paix ont été attaquées a également eu lieu : trois soldats d’origine indonésienne ont été tués. La France a alors demandé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, ce qui indique que le conflit a suscité une réaction internationale étendue.
Le Parlement iranien a approuvé la perception de péages auprès des navires transitant par le détroit d’Hormuz, et a interdit le passage des navires liés aux États-Unis et à Israël, transformant officiellement le droit de passage du détroit en outil de confrontation diplomatique, ce qui accroît encore les inquiétudes du marché concernant l’approvisionnement pétrolier mondial.
C’est la première fois que le WTI dépasse 100 dollars le baril depuis juillet 2022. L’or se maintient, quant à lui, autour de 4 500 dollars l’once, tandis que la demande en actifs refuges traditionnels augmente en parallèle. Les principales données de marché sont les suivantes :
Pétrole brut WTI : en hausse de plus de 3 %, proche de 106 dollars le baril (plus haut niveau en 4 ans)
Pétrole brut Brent : en hausse de plus de 2 %, au-delà de 115 dollars le baril
Marchés actions US : le Nasdaq recule de 0,75 %, le S&P 500 baisse de 0,4 %, le Dow Jones progresse légèrement de 0,11 %, tendance générale à l’ouverture à la hausse puis à la baisse
Rendements des bons du Trésor US : après le discours du président de la Fed, Jerome Powell, à Harvard, le rendement à 10 ans recule à 4,35 %, la probabilité de hausse des taux en 2026 passe à 5 %
Bitcoin : après les propos de Trump, il a brièvement touché 66 500 dollars, puis est remonté légèrement au-dessus de 67 000 dollars ; globalement, il oscille dans une fourchette de 65 000 à 70 000 dollars
Powell indique que la Fed a tendance à considérer les chocs énergétiques à court terme comme un phénomène temporaire, sans se précipiter pour ajuster les taux ; cela atténue quelque peu les inquiétudes du marché concernant un relèvement anticipé des taux, entraînant un recul des rendements des bons du Trésor.
Les propos de Trump menaçant de s’en prendre aux infrastructures énergétiques civiles ont suscité de nombreuses contestations sur les plans juridique et militaire. Le vice-président du corps professoral de l’Institut d’études de Doha (Katar Doha) Laurent Lambert a clairement mis en garde : viser délibérément des infrastructures civiles enfreindrait très probablement le droit international et constituerait un crime de guerre. Un chercheur du Center for Strategic and International Studies (CSIS), David Michel, souligne que s’en prendre aux installations de dessalement de l’eau de mer constitue une action très provocatrice d’escalade. L’Organisation internationale à laquelle appartient la monnaie internationale (IMF) avertit simultanément que la guerre Iran-États-Unis entraîne une hausse persistante des prix mondiaux et un ralentissement économique.
Concernant l’évaluation des opérations sur l’île de Kharg, un chercheur du King’s College London (KCL), Alessio Patalano, avertit que l’installation sur cette île ferait de la force américaine une cible fixe de missiles iraniens. Un analyste de l’Royal United Services Institute (RUSI), Sidharth Kaushal, estime qu’avant de prendre pied sur l’île, il faut d’abord éliminer les mines sous-marines et neutraliser les systèmes de défense antiaérienne côtiers. L’île de Kharg traite environ 90 % des exportations pétrolières iraniennes ; si elle est occupée ou détruite, l’impact sur le marché de l’énergie dépasserait de loin les niveaux de prix actuels du pétrole.
Le détroit d’Hormuz représente environ 20 % du commerce mondial du pétrole. Le Parlement iranien a approuvé l’instauration de péages et l’interdiction du passage des navires des États-Unis et d’Israël. À cela s’ajoute l’impact direct, avec un pétrolier koweïtien touché par un drone, qui fait fortement monter les anticipations du marché concernant une interruption de l’approvisionnement pétrolier mondial. Cela pousse le WTI à dépasser pour la première fois depuis juillet 2022 100 dollars le baril.
Dans le contexte d’une montée des tensions Iran-États-Unis, le bitcoin continue de fluctuer dans une fourchette de 65 000 à 70 000 dollars, sans réussir à s’affranchir efficacement des contraintes liées au climat macroéconomique. La flambée des prix du pétrole renforce les anticipations d’inflation, réduit la marge de baisse des taux de la Réserve fédérale et pèse sur l’évaluation globale des actifs à haut risque. L’état d’esprit de recherche de refuge se tourne davantage vers l’or plutôt que vers les actifs cryptographiques : telle est la raison structurelle pour laquelle le bitcoin a du mal à rebondir efficacement ces derniers temps.
Plusieurs experts en droit et en affaires militaires indiquent que viser délibérément des infrastructures civiles (comme des centrales électriques) dans le cadre du Protocole additionnel aux Conventions de Genève pourrait constituer un crime de guerre. À l’heure actuelle, cette menace n’a pas encore été mise à exécution. Toutefois, l’évaluation du chercheur Laurent Lambert montre qu’en cas de réalisation, elle pourrait entraîner de graves conséquences sur le plan du droit international humanitaire et déclencher une réaction diplomatique en chaîne.