
World Liberty Financial (WLFI), filiale de Donald Trump, lance la plateforme de prêt de cryptomonnaies World Liberty Markets, avec le soutien technologique de Dolomite. La capitalisation de USD1 atteint 3,5 milliards de dollars, ce qui en fait la sixième stablecoin en termes de valeur, et a déposé une demande de licence bancaire auprès de l’OCC. La famille Trump réalise des bénéfices sur WLFI au premier semestre 2025, avec un revenu total en cryptomonnaies dépassant 800 millions de dollars.
Le lancement de la plateforme de prêt World Liberty Markets par World Liberty Financial marque la deuxième expansion majeure de l’empire cryptomonnaie de Trump. La plateforme, soutenue par Dolomite, permet aux utilisateurs d’emprunter et de prêter des actifs numériques en utilisant USD1 ainsi que d’autres collatéraux supportés (y compris Ether, USDC, USDT et Bitcoin tokenisé). Ce design multi-collatéral place World Liberty Markets en concurrence directe avec des protocoles DeFi établis comme Aave et Compound.
World Liberty Markets est le deuxième produit principal du projet, après le lancement de la stablecoin USD1 en mars 2025. Selon les données de The Block, la capitalisation de USD1 est actuellement légèrement inférieure à 3,5 milliards de dollars, ce qui en fait la sixième stablecoin en dollars, derrière PYUSD de PayPal, parmi les plus importantes. Ce classement a été atteint en seulement 10 mois, illustrant une croissance extrêmement rapide de USD1.
Le lancement de cette activité de prêt coïncide également avec la reprise générale du marché du crédit en cryptomonnaies. Un rapport de Galaxy Digital publié en novembre indique qu’à la fin du troisième trimestre 2025, le volume de prêts DeFi actifs a atteint près de 41 milliards de dollars, poussant le total des prêts en cryptomonnaies sur plateformes centralisées et décentralisées à un record d’environ 74 milliards de dollars. L’entrée de World Liberty sur ce marché à ce moment précis montre une lecture précise du cycle de reprise du secteur.
Avantage multi-collatéral : acceptation de USD1, ETH, BTC et autres collatéraux, réduisant la barrière à l’entrée pour les utilisateurs
Ancrage stablecoin : la demande de prêt stimule l’utilisation de USD1, créant un écosystème fermé
Soutien politique : l’influence de Trump confère à la plateforme une valeur de marque et un flux d’utilisateurs uniques
Les deux dirigeants de World Liberty, Zachary Folkman et Chase Herro, ont cofondé Dough Finance, un protocole de prêt basé sur Ethereum et construit autour de l’infrastructure Aave V3, qui a été victime d’une attaque de flash loan en 2024. Ce stigmate historique suscite des inquiétudes quant à la sécurité de World Liberty Markets. Dolomite et Aave sont des concurrents dans le domaine du crédit cryptographique ; le choix de Dolomite plutôt qu’Aave pourrait être lié à des expériences passées de l’équipe.
Alors que World Liberty cherche à régulariser ses activités de stablecoin aux États-Unis, elle a lancé un service de prêt. La semaine dernière, une entité affiliée a déposé une demande auprès de l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) pour établir une banque nationale spécialisée dans l’émission, la garde et l’échange de stablecoins. Si cette demande est acceptée, USD1 sera entièrement sous régulation fédérale, ce qui constituerait une reconnaissance majeure de sa conformité et de sa stabilité.
Cette demande de licence bancaire montre que la vision de World Liberty dépasse le simple projet cryptographique. La banque nationale de confiance est une institution financière régulée au niveau fédéral, bénéficiant de statuts et de pouvoirs similaires à ceux des banques traditionnelles. En cas d’approbation, USD1 deviendrait la première stablecoin émise par une banque agréée, surpassant Tether et Circle en termes de conformité réglementaire. Ce changement de statut pourrait attirer un afflux massif de capitaux institutionnels en quête de conformité.
Cependant, cette structure soulève aussi des critiques, qui craignent un conflit d’intérêts potentiel avec un président en exercice. World Liberty a listé Donald Trump et son fils comme cofondateurs, ce qui tisse un lien étroit entre ses finances personnelles et ses responsabilités publiques. Selon une enquête de Reuters d’octobre, la famille Trump aurait réalisé des bénéfices de plusieurs centaines de millions de dollars au premier semestre 2025 grâce à World Liberty Financial et à la vente de ses tokens liés.
Seul le token natif WLFI de World Liberty aurait généré environ 463 millions de dollars de revenus, tandis que, durant cette période, les revenus cryptographiques totaux des entreprises liées à Trump dépassaient 800 millions de dollars. Ces chiffres dépassent largement les revenus issus des activités traditionnelles comme les clubs de golf ou les licences, et des informations précédemment divulguées indiquent que le président aurait gagné plusieurs dizaines de millions de dollars en 2024 grâce à la vente de WLFI.
World Liberty affirme que Trump et sa famille ne gèrent pas les opérations quotidiennes, celles-ci étant confiées à des cadres expérimentés du secteur cryptographique, et que sa gouvernance est conçue pour limiter l’influence directe. Cependant, cette défense ne dissipe pas les doutes : lorsque le président pousse des politiques pro-cryptos ou nomme des régulateurs favorables à la cryptomonnaie, ses entreprises familiales profitent directement de ces politiques. Ce coïncidence constitue-t-elle un conflit d’intérêts ?

(Source : The Block)
La stablecoin USD1 a dépassé une capitalisation de 3,5 milliards de dollars en seulement 10 mois, devenant la sixième stablecoin en dollars, juste derrière PYUSD de PayPal. Ce succès est exceptionnel dans un marché dominé depuis longtemps par Tether (USDT) et Circle (USDC), où les nouveaux entrants mettent généralement plusieurs années à gagner des parts de marché.
La croissance rapide de USD1 s’explique en partie par l’influence politique de Trump. Lorsqu’un président soutient publiquement un projet cryptographique, cela attire naturellement beaucoup d’attention et de capitaux. De plus, World Liberty pousse activement l’utilisation de USD1 dans divers scénarios, du collatéral de prêt au moyen de paiement, pour bâtir un écosystème complet. Si la demande de licence bancaire est acceptée, la stabilité réglementaire de USD1 renforcera la confiance du marché.
Mais USD1 doit aussi faire face à des défis. D’abord, la confiance : la stabilité d’une stablecoin repose sur la transparence et la gestion des réserves. Tether et Circle ont construit leur crédibilité sur plusieurs années d’opérations, et USD1 doit prouver que ses réserves existent réellement et sont bien gérées. Ensuite, l’incertitude réglementaire : même si la demande de licence est déposée, l’approbation n’est pas garantie. En cas de rejet, USD1 pourrait faire face à une crise de conformité.
Troisièmement, le risque politique. Le mandat présidentiel de Trump pourrait durer jusqu’en 2029, mais si un changement de majorité survient, la nouvelle administration pourrait adopter une posture hostile envers les projets cryptographiques liés à l’ancien président. Cette incertitude politique rend l’avenir à long terme de USD1 très incertain.