En novembre 2025, le géant mondial des paiements Visa a lancé un projet pilote révolutionnaire permettant aux entreprises américaines de verser directement des USDC, une stablecoin, aux créateurs, freelances et travailleurs de l’économie gig via Visa Direct. Les bénéficiaires doivent disposer d’un portefeuille compatible et satisfaire aux exigences KYC/AML, ce qui permet des transferts transfrontaliers en quelques minutes, notamment dans les régions à forte volatilité monétaire ou à faible accès aux services bancaires.
Le PDG de Visa, Ryan McInerney, a révélé que la société avait traité plus de 1400 milliards de dollars en flux liés aux cryptomonnaies et stablecoins, avec une dépense par carte stablecoin quadruplant en un trimestre. Ce projet pilote s’appuie sur la mise à niveau du programme de préfinancement des stablecoins en septembre, avec une expansion prévue au second semestre 2026, marquant une nouvelle étape dans l’intégration des finances traditionnelles et des actifs numériques.
Visa a officiellement lancé en novembre 2025 un projet pilote de paiement en stablecoin, permettant pour la première fois aux entreprises d’utiliser USDC comme moyen de paiement direct aux utilisateurs finaux. La solution intègre l’infrastructure existante de Visa Direct, où les entreprises alimentent en monnaie fiat, tandis que les bénéficiaires peuvent choisir de transférer instantanément les fonds vers un portefeuille compatible en stablecoin. Par exemple, un freelance en Asie du Sud-Est recevant un paiement d’un client américain voit le délai de réception passer de 3-5 jours par virement traditionnel à quelques minutes, avec une réduction des frais de plus de 70 %. Chris Newkirk, président des solutions commerciales et de flux de fonds de Visa, souligne que cette fonctionnalité vise à offrir « un accès aux fonds en minutes à l’échelle mondiale », notamment pour les créateurs numériques, les entreprises transfrontalières et l’économie gig.
Sur le plan sectoriel, ce pilote répond à la réglementation accrue autour des stablecoins, notamment suite à l’adoption de la loi GENIUS aux États-Unis en début 2025. La clarification réglementaire a encouragé les institutions financières traditionnelles à explorer de nouveaux cas d’usage. À ce jour, Visa collabore avec plus de 130 projets de cartes liées à des stablecoins, couvrant plus de 40 pays, avec un volume de règlements mensuels annualisé de 2,5 milliards de dollars.
Le pilote de Visa en stablecoin respecte strictement les normes AML et KYC. Les bénéficiaires doivent utiliser un portefeuille compatible conforme aux standards Visa et passer par un processus d’identification. Un porte-parole de la société indique que des technologies de protection de la vie privée, telles que la preuve à divulgation zéro, pourraient être intégrées dans les versions futures pour garantir la sécurité des données utilisateur. Par exemple, un partenaire du pilote (non nommé) a testé des certificats numériques réutilisables permettant de vérifier l’identité sans divulguer d’informations sensibles. Cette conception répond aux exigences réglementaires tout en étant conforme à la philosophie décentralisée, en écho à la proposition de a16z sur « l’identité numérique décentralisée ».
Sur le plan technique, Visa s’appuie sur la capacité de règlement multi-chaînes, supportant les transferts USDC sur Ethereum, Solana et autres blockchains publiques. Sa plateforme Tokenized Asset Platform permet également aux banques d’émettre des stablecoins personnalisés dans le cadre du pilote, posant ainsi les bases pour une future extension à d’autres actifs, comme des stablecoins adossés à l’euro.
La stratégie stablecoin de Visa, lancée en 2020, repose aujourd’hui sur trois piliers : paiement, règlement et émission. Sur le volet paiement, en plus du pilote actuel, la société a lancé en septembre un service de préfinancement en stablecoin, permettant aux entreprises d’utiliser des stablecoins pour prépayer leurs transactions Visa Direct. Au niveau du règlement, la plateforme Tokenized Asset Platform permet aux banques d’émettre leurs propres stablecoins en mode pilote, tandis que la collaboration avec Stripe et sa filiale Bridge simplifie le processus d’émission de cartes liées à des stablecoins. Par exemple, la fintech africaine Yellow Card exploite cette plateforme pour explorer des cas d’usage liés à la gestion de trésorerie, permettant aux entreprises locales de détenir des dollars à moindre coût.
Les analystes estiment que cette accélération de Visa est motivée par le potentiel d’un marché de plusieurs billions de dollars pour les stablecoins. Après l’adoption de la loi GENIUS, le volume quotidien des transactions en stablecoin a augmenté de 45 %, et avec son réseau mondial, Visa pourrait capter jusqu’à 10 % du marché mondial des paiements transfrontaliers. Bien que la société n’ait pas encore prévu d’émettre une stablecoin native, sa capacité d’intégration dans l’écosystème constitue une barrière concurrentielle.
Visa n’est pas la seule institution financière traditionnelle à explorer les stablecoins. JPMorgan a lancé JPM Coin, principalement pour les règlements B2B, tandis que PayPal propose PYUSD, orienté vers le paiement de détail. La différenciation de Visa réside dans : 1) l’intégration directe à son réseau de cartes existant, réduisant la barrière à l’adoption ; 2) la focalisation sur les cas d’usage à forte fréquence comme les paiements transfrontaliers et l’économie gig ; 3) une expansion rapide via des partenaires plutôt qu’une émission autonome. En résultat, les dépenses par carte stablecoin de Visa ont atteint 35 millions de dollars en Q4 2025, dépassant largement les 5 millions de dollars de PYUSD pour la même période.
Le projet pilote de Visa met en lumière le potentiel des stablecoins pour l’inclusion financière dans les marchés émergents. Dans des pays comme l’Argentine ou la Turquie, où l’inflation est élevée, USDC offre une alternative pour se protéger contre la dépréciation locale. Selon la Banque mondiale, 1,7 milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à une banque formelle, et les paiements via stablecoin compatibles avec les portefeuilles mobiles peuvent couvrir jusqu’à 60 % de cette population. Cependant, des défis subsistent : couverture réseau limitée, incertitudes réglementaires et volatilité des taux de change pouvant réduire les bénéfices. Pour étendre ses pilotes, Visa devra collaborer avec des opérateurs télécoms locaux ou des ONG pour développer des solutions de paiement hors ligne.
Le projet pilote de paiement en stablecoin de Visa marque une étape clé dans la convergence entre finance traditionnelle et actifs numériques. Sa capacité à réaliser des règlements transfrontaliers en quelques minutes redéfinit la fluidité des flux financiers à l’ère numérique. Avec l’expansion prévue en 2026, les stablecoins pourraient évoluer d’actifs d’investissement vers des moyens de paiement quotidiens, favorisant une inclusion financière accrue. Pour l’industrie, le succès ou l’échec de cette initiative testera la compatibilité des infrastructures traditionnelles avec l’interopérabilité blockchain, tout en fixant une référence pour l’entrée d’autres acteurs dans cet écosystème.
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