Ford Motor Company a terminé 2025 sur une note morose, mettant fin à une série de quatre trimestres consécutifs de bénéfices et suscitant des inquiétudes immédiates chez les investisseurs. Le constructeur historique a enregistré une perte nette de 11,1 milliards de dollars selon les normes GAAP pour le quatrième trimestre 2025, un changement radical par rapport au bénéfice de 1,8 milliard de dollars réalisé au même trimestre l’année précédente. Le bénéfice par action non-GAAP s’est élevé à seulement 13 cents, manquant les attentes de 4 cents et en baisse de 26 % par rapport à l’année précédente. Mais en creusant plus profondément, un tableau plus nuancé apparaît — où les vents contraires cycliques et les charges exceptionnelles dominent les dégâts, laissant l’activité fondamentale largement intacte.
Comprendre le trimestre morose : Qu’est-ce qui a réellement impacté le résultat de Ford
La mauvaise performance n’a pas été causée par une demande en chute ou une défaillance opérationnelle. Au contraire, trois facteurs majeurs ont conspiré pour créer un trimestre exceptionnellement chaotique. D’abord, un incendie dans une usine de fournisseur d’aluminium Novelis à New York a forcé Ford à absorber environ 2 milliards de dollars de pertes liées à des perturbations de la chaîne d’approvisionnement. Ensuite, les vents contraires liés aux tarifs douaniers ont coûté à l’entreprise environ 2 milliards de dollars, dont environ 1 milliard de dollars en charges inattendues lorsque les crédits tarifaires pour les pièces automobiles ont été retardés. Troisièmement, et surtout, Ford a enregistré 15,5 milliards de dollars de charges exceptionnelles liées à sa refonte stratégique de l’électrique annoncée en décembre.
Cette réinitialisation dans l’électrique est essentielle à comprendre. Plutôt que le signe d’un échec, elle reflète une reconnaissance à l’échelle de l’industrie que la transition vers les véhicules électriques ne suit pas le scénario que beaucoup avaient anticipé. General Motors a enregistré 7,6 milliards de dollars de dépréciations, tandis que Stellantis — le plus touché — a comptabilisé environ 26 milliards de dollars de charges après avoir réduit ses ambitions dans l’électrique. La démarche de Ford reflète cette pivot : la société abandonne des projets déficitaires comme un SUV électrique à trois rangées, une camionnette commerciale électrique, et une nouvelle génération de pickup électrique. Elle concentre plutôt ses ressources sur des véhicules électriques abordables construits sur une plateforme universelle, économique — des modèles où la demande reste résiliente et la rentabilité atteignable.
Parmi les 19,5 milliards de dollars de charges totales liées à l’électrique annoncées, 15,5 milliards ont été enregistrés au quatrième trimestre, le reste étant réparti sur les périodes à venir. Notamment, environ 7 milliards de dollars de charges supplémentaires sont attendus au cours des deux prochaines années, la majorité probablement en 2026.
La voie à suivre : Les vents contraires s’atténuent, les pertes se réduisent
Les prévisions de la direction suggèrent que le pire est déjà derrière. Sur le plan opérationnel, le segment Model e — la division électrique de l’entreprise — montre des signes de stabilisation. Bien qu’encore profondément déficitaire, la perte EBIT a été réduite à 4,8 milliards de dollars en 2025 contre 5,07 milliards en 2024. La société prévoit que les pertes de Model e se resserreront encore à 4 milliards à 4,5 milliards de dollars en 2026, avec un objectif de seuil de rentabilité pour 2029.
Concernant les tarifs, un soulagement est en vue. Les vents contraires devraient diminuer à environ 1 milliard de dollars en 2026 lorsque les crédits seront pleinement appliqués. La perturbation chez Novelis continuera à créer des frictions, mais l’entreprise anticipe une amélioration de 1 milliard de dollars d’une année sur l’autre, avec des coûts temporaires d’approvisionnement restant de 1,5 à 2 milliards de dollars qui devraient disparaître d’ici 2027. Ensemble, ces vents favorables devraient permettre une normalisation progressive de l’EBIT tout au long de 2026, avec un environnement opérationnel plus stable attendu dans la seconde moitié, à mesure que les volumes et la gamme de produits s’améliorent.
Ford Pro en tête : le véritable moteur de croissance
Si Model e fait la une, Ford Pro — la branche commerciale et flotte de l’entreprise — reste la pièce maîtresse. Ce segment continue d’afficher des marges EBIT à deux chiffres, soutenu par une forte demande mondiale pour les franchises Super Duty et Transit. Pour 2026, Ford Pro devrait générer entre 6,5 et 7,5 milliards de dollars de bénéfices avant impôts, contre 6,8 milliards en 2025. Bien que la direction reconnaisse que des pressions temporaires dues à l’impact de Novelis, à la montée en puissance de l’usine d’Oakville au Canada, et à des réglementations européennes plus strictes créeront des frictions à court terme, il ne s’agit que de défis tactiques, non de menaces structurelles.
Par ailleurs, le segment principal Blue — véhicules à combustion interne et hybrides — a affiché de meilleurs résultats. Le EBIT de Ford Blue devrait atteindre entre 4 et 4,5 milliards de dollars en 2026, contre 3 milliards en 2025, grâce à la reprise de Novelis et à une gamme de produits favorable, orientée vers des pickups à forte marge.
Perspectives 2026 et outlook sur la trésorerie
La direction prévoit un EBIT ajusté de 8 à 10 milliards de dollars en 2026, en progression significative par rapport à 6,8 milliards en 2025. La trésorerie disponible devrait bondir à 5-6 milliards de dollars contre 3,5 milliards, témoignant d’une amélioration de la flexibilité financière. L’estimation consensuelle de Zacks prévoit une croissance de 35 % du bénéfice par action en 2026, reflétant la confiance du marché dans la trajectoire de reprise de l’entreprise.
La valorisation : pourquoi Ford semble sous-évalué
L’action Ford a gagné 3 % depuis le début de l’année, surpassant ses concurrents General Motors et Stellantis malgré la turbulence sectorielle plus large. Sur le plan de la valorisation, l’entreprise semble sous-évaluée. Se négociant à un multiple de ventes à terme de 0,32x, Ford est nettement moins chère que l’ensemble du secteur — une décote significative pour une société générant 187 milliards de dollars de revenus annuels et détenant 13,2 % de parts de marché aux États-Unis, son meilleur résultat en six ans.
Pourquoi la vision à long terme reste intacte
Au-delà du bruit à court terme, la position stratégique de Ford demeure solide. La société a connu cinq années consécutives de croissance du chiffre d’affaires et d’amélioration de sa part de marché, soutenues par la force des hybrides et des modèles tout-terrain qui ont atteint des ventes record en 2025. Le réseau de concessionnaires reste robuste, et la discipline dans la gamme de produits porte ses fruits.
Au-delà des véhicules, Ford développe des vecteurs de croissance à marges plus élevées. Les revenus issus des abonnements logiciels ont augmenté de 30 % en 2025, avec des profits issus des logiciels et services attendus en croissance d’environ 6,5 % par an. Ford Energy constitue un autre levier stratégique, avec 1,5 milliard de dollars d’investissements prévus pour 2026 et un objectif ambitieux d’atteindre 20 GWh de capacité de stockage de batteries d’ici 2027. Des partenariats stratégiques avec CATL et Renault renforcent les avantages d’échelle et l’efficacité des coûts.
Enfin, le bilan de Ford offre une marge de manœuvre importante. Avec près de 50 milliards de dollars de liquidités totales, dont 29 milliards en cash, l’entreprise dispose de la puissance financière pour naviguer à travers la turbulence à court terme tout en investissant dans ses initiatives de croissance à long terme.
Verdict : un présent morose, mais un avenir prometteur
Les résultats décevants du quatrième trimestre de Ford suscitent des inquiétudes, mais ne remettent pas en cause la compétitivité à long terme de l’entreprise. La phase difficile est en grande partie derrière elle — la réinitialisation dans l’électrique est achevée, la direction stratégique est claire, et la direction prévoit une amélioration opérationnelle significative. Pour les investisseurs ayant un horizon de plusieurs années et capables d’accepter la volatilité, Ford offre une opportunité intéressante à ses valorisations actuelles. La combinaison d’une activité principale résiliente, d’un potentiel d’expansion des marges et d’une valorisation attractive constitue une configuration à suivre de près.
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Les résultats décevants du T4 de Ford dissimulent une configuration attrayante à long terme — Voici pourquoi
Ford Motor Company a terminé 2025 sur une note morose, mettant fin à une série de quatre trimestres consécutifs de bénéfices et suscitant des inquiétudes immédiates chez les investisseurs. Le constructeur historique a enregistré une perte nette de 11,1 milliards de dollars selon les normes GAAP pour le quatrième trimestre 2025, un changement radical par rapport au bénéfice de 1,8 milliard de dollars réalisé au même trimestre l’année précédente. Le bénéfice par action non-GAAP s’est élevé à seulement 13 cents, manquant les attentes de 4 cents et en baisse de 26 % par rapport à l’année précédente. Mais en creusant plus profondément, un tableau plus nuancé apparaît — où les vents contraires cycliques et les charges exceptionnelles dominent les dégâts, laissant l’activité fondamentale largement intacte.
Comprendre le trimestre morose : Qu’est-ce qui a réellement impacté le résultat de Ford
La mauvaise performance n’a pas été causée par une demande en chute ou une défaillance opérationnelle. Au contraire, trois facteurs majeurs ont conspiré pour créer un trimestre exceptionnellement chaotique. D’abord, un incendie dans une usine de fournisseur d’aluminium Novelis à New York a forcé Ford à absorber environ 2 milliards de dollars de pertes liées à des perturbations de la chaîne d’approvisionnement. Ensuite, les vents contraires liés aux tarifs douaniers ont coûté à l’entreprise environ 2 milliards de dollars, dont environ 1 milliard de dollars en charges inattendues lorsque les crédits tarifaires pour les pièces automobiles ont été retardés. Troisièmement, et surtout, Ford a enregistré 15,5 milliards de dollars de charges exceptionnelles liées à sa refonte stratégique de l’électrique annoncée en décembre.
Cette réinitialisation dans l’électrique est essentielle à comprendre. Plutôt que le signe d’un échec, elle reflète une reconnaissance à l’échelle de l’industrie que la transition vers les véhicules électriques ne suit pas le scénario que beaucoup avaient anticipé. General Motors a enregistré 7,6 milliards de dollars de dépréciations, tandis que Stellantis — le plus touché — a comptabilisé environ 26 milliards de dollars de charges après avoir réduit ses ambitions dans l’électrique. La démarche de Ford reflète cette pivot : la société abandonne des projets déficitaires comme un SUV électrique à trois rangées, une camionnette commerciale électrique, et une nouvelle génération de pickup électrique. Elle concentre plutôt ses ressources sur des véhicules électriques abordables construits sur une plateforme universelle, économique — des modèles où la demande reste résiliente et la rentabilité atteignable.
Parmi les 19,5 milliards de dollars de charges totales liées à l’électrique annoncées, 15,5 milliards ont été enregistrés au quatrième trimestre, le reste étant réparti sur les périodes à venir. Notamment, environ 7 milliards de dollars de charges supplémentaires sont attendus au cours des deux prochaines années, la majorité probablement en 2026.
La voie à suivre : Les vents contraires s’atténuent, les pertes se réduisent
Les prévisions de la direction suggèrent que le pire est déjà derrière. Sur le plan opérationnel, le segment Model e — la division électrique de l’entreprise — montre des signes de stabilisation. Bien qu’encore profondément déficitaire, la perte EBIT a été réduite à 4,8 milliards de dollars en 2025 contre 5,07 milliards en 2024. La société prévoit que les pertes de Model e se resserreront encore à 4 milliards à 4,5 milliards de dollars en 2026, avec un objectif de seuil de rentabilité pour 2029.
Concernant les tarifs, un soulagement est en vue. Les vents contraires devraient diminuer à environ 1 milliard de dollars en 2026 lorsque les crédits seront pleinement appliqués. La perturbation chez Novelis continuera à créer des frictions, mais l’entreprise anticipe une amélioration de 1 milliard de dollars d’une année sur l’autre, avec des coûts temporaires d’approvisionnement restant de 1,5 à 2 milliards de dollars qui devraient disparaître d’ici 2027. Ensemble, ces vents favorables devraient permettre une normalisation progressive de l’EBIT tout au long de 2026, avec un environnement opérationnel plus stable attendu dans la seconde moitié, à mesure que les volumes et la gamme de produits s’améliorent.
Ford Pro en tête : le véritable moteur de croissance
Si Model e fait la une, Ford Pro — la branche commerciale et flotte de l’entreprise — reste la pièce maîtresse. Ce segment continue d’afficher des marges EBIT à deux chiffres, soutenu par une forte demande mondiale pour les franchises Super Duty et Transit. Pour 2026, Ford Pro devrait générer entre 6,5 et 7,5 milliards de dollars de bénéfices avant impôts, contre 6,8 milliards en 2025. Bien que la direction reconnaisse que des pressions temporaires dues à l’impact de Novelis, à la montée en puissance de l’usine d’Oakville au Canada, et à des réglementations européennes plus strictes créeront des frictions à court terme, il ne s’agit que de défis tactiques, non de menaces structurelles.
Par ailleurs, le segment principal Blue — véhicules à combustion interne et hybrides — a affiché de meilleurs résultats. Le EBIT de Ford Blue devrait atteindre entre 4 et 4,5 milliards de dollars en 2026, contre 3 milliards en 2025, grâce à la reprise de Novelis et à une gamme de produits favorable, orientée vers des pickups à forte marge.
Perspectives 2026 et outlook sur la trésorerie
La direction prévoit un EBIT ajusté de 8 à 10 milliards de dollars en 2026, en progression significative par rapport à 6,8 milliards en 2025. La trésorerie disponible devrait bondir à 5-6 milliards de dollars contre 3,5 milliards, témoignant d’une amélioration de la flexibilité financière. L’estimation consensuelle de Zacks prévoit une croissance de 35 % du bénéfice par action en 2026, reflétant la confiance du marché dans la trajectoire de reprise de l’entreprise.
La valorisation : pourquoi Ford semble sous-évalué
L’action Ford a gagné 3 % depuis le début de l’année, surpassant ses concurrents General Motors et Stellantis malgré la turbulence sectorielle plus large. Sur le plan de la valorisation, l’entreprise semble sous-évaluée. Se négociant à un multiple de ventes à terme de 0,32x, Ford est nettement moins chère que l’ensemble du secteur — une décote significative pour une société générant 187 milliards de dollars de revenus annuels et détenant 13,2 % de parts de marché aux États-Unis, son meilleur résultat en six ans.
Pourquoi la vision à long terme reste intacte
Au-delà du bruit à court terme, la position stratégique de Ford demeure solide. La société a connu cinq années consécutives de croissance du chiffre d’affaires et d’amélioration de sa part de marché, soutenues par la force des hybrides et des modèles tout-terrain qui ont atteint des ventes record en 2025. Le réseau de concessionnaires reste robuste, et la discipline dans la gamme de produits porte ses fruits.
Au-delà des véhicules, Ford développe des vecteurs de croissance à marges plus élevées. Les revenus issus des abonnements logiciels ont augmenté de 30 % en 2025, avec des profits issus des logiciels et services attendus en croissance d’environ 6,5 % par an. Ford Energy constitue un autre levier stratégique, avec 1,5 milliard de dollars d’investissements prévus pour 2026 et un objectif ambitieux d’atteindre 20 GWh de capacité de stockage de batteries d’ici 2027. Des partenariats stratégiques avec CATL et Renault renforcent les avantages d’échelle et l’efficacité des coûts.
Enfin, le bilan de Ford offre une marge de manœuvre importante. Avec près de 50 milliards de dollars de liquidités totales, dont 29 milliards en cash, l’entreprise dispose de la puissance financière pour naviguer à travers la turbulence à court terme tout en investissant dans ses initiatives de croissance à long terme.
Verdict : un présent morose, mais un avenir prometteur
Les résultats décevants du quatrième trimestre de Ford suscitent des inquiétudes, mais ne remettent pas en cause la compétitivité à long terme de l’entreprise. La phase difficile est en grande partie derrière elle — la réinitialisation dans l’électrique est achevée, la direction stratégique est claire, et la direction prévoit une amélioration opérationnelle significative. Pour les investisseurs ayant un horizon de plusieurs années et capables d’accepter la volatilité, Ford offre une opportunité intéressante à ses valorisations actuelles. La combinaison d’une activité principale résiliente, d’un potentiel d’expansion des marges et d’une valorisation attractive constitue une configuration à suivre de près.