Tesla a construit sa réputation sur des délais ambitieux qui se révèlent souvent irréalistes. Le bilan de la société concernant ses engagements en matière de conduite autonome est mitigé : ses précédentes affirmations selon lesquelles elle atteindrait la moitié de la population américaine avec des véhicules entièrement autonomes d’ici la fin 2025 sont restées sans suite. Aujourd’hui, alors que l’entreprise étend ses opérations de robotaxis dans de nouvelles villes, une question cruciale demeure : ce calendrier est-il enfin basé sur la réalité ou s’agit-il d’une autre promesse creuse ? Le programme de robotaxis est essentiel pour la croissance de Tesla, mais le succès nécessite plus que des objectifs audacieux.
Des progrès qui exigent des preuves
Tesla a lancé son premier service de robotaxi à Austin, Texas, le 22 juin 2025, marquant une étape opérationnelle importante. Depuis, la flotte a parcouru près de 700 000 miles payants et s’est étendue à la région de la baie de Californie. Ce qui est particulièrement remarquable, c’est la trajectoire à Austin : en janvier 2026, Tesla avait retiré les moniteurs de sécurité de certains trajets clients, ce qui souligne une confiance croissante dans la fiabilité du système.
Les chiffres sont impressionnants sur le papier. La flotte de robotaxis compte désormais plus de 500 véhicules répartis entre Austin et la région de la baie, avec un déploiement qui double environ chaque mois, selon les divulgations récentes des résultats financiers. Tesla prévoit de lancer ses services dans sept autres villes — Dallas, Houston, Phoenix, Miami, Orlando, Tampa et Las Vegas — au cours du premier semestre 2026. Le Cybercab, conçu spécifiquement pour des opérations autonomes sans volant ni pédales, doit entrer en production de masse cette année et pourrait accélérer les efforts d’expansion.
Pourtant, une croissance impressionnante ne se traduit pas automatiquement par une viabilité commerciale. L’approbation réglementaire, la performance de sécurité soutenue et la confiance du public restent des obstacles cruciaux qui ont retardé les programmes autonomes dans toute l’industrie.
Le problème de la concurrence : pourquoi Waymo et Zoox comptent
Comprendre le calendrier de Tesla nécessite de prendre en compte la réalité concurrentielle à laquelle elle fait face. Waymo, filiale d’Alphabet, a déjà pris la tête du marché des robotaxis. Le service opère dans plusieurs villes américaines, enregistrant plus de 450 000 courses payantes par semaine selon les rapports récents — soit presque le double de son volume d’avril 2025. Waymo a déployé des capacités de conduite sur autoroute et s’est étendu à des villes comme Miami, Dallas, Houston, San Antonio et Orlando, suivant en gros le même modèle d’expansion géographique que Tesla poursuit actuellement.
Zoox, propriété d’Amazon, représente un défi différent mais tout aussi sérieux. Plutôt que de retrofiter des véhicules existants, Zoox a conçu un navette autonome spécialement conçue, avec des sièges orientés vers l’intérieur, optimisés pour le covoiturage. La société a lancé des trajets publics gratuits à Las Vegas et San Francisco en 2025, et prévoit d’introduire des services payants en 2026. Ces deux concurrents prouvent que le marché de la mobilité autonome existe bel et bien — et que Tesla doit faire face à de véritables rivaux, pas à des concurrents hypothétiques.
La présence de ces acteurs établis souligne l’importance du calendrier de Tesla. La société ne se contente plus de courir après ses propres ambitions ; elle doit rivaliser avec des entreprises qui ont déjà démontré la capacité à opérer à grande échelle des robotaxis. Cette pression supplémentaire rend les calendriers vides de sens plus coûteux.
Le facteur Musk : la crédibilité en jeu
Elon Musk a déclaré publiquement que les véhicules Tesla entièrement autonomes pourraient atteindre environ 25 à 50 % de la population américaine d’ici la fin 2026, sous réserve de l’approbation réglementaire. Cela fait écho à sa déclaration de juillet 2025 selon laquelle la moitié de la population américaine serait atteinte d’ici la fin 2025 — une affirmation qui ne s’est pas concrétisée.
La question n’est pas de savoir si les objectifs de Musk sont ambitieux ; ils le sont clairement. La vraie question est de savoir si les progrès concrets — 500 véhicules, une augmentation quotidienne du déploiement, le retrait des moniteurs de sécurité — représentent une véritable accélération ou s’il ne s’agit que d’étapes incrémentielles qui ne comblent pas encore l’écart entre promesse et réalisation. Historiquement, le calendrier des robotaxis a montré une certaine flexibilité, s’étirant au-delà des attentes initiales.
Cela dit, cette fois, les progrès semblent nettement différents. La société a accumulé des données opérationnelles significatives, s’est étendue géographiquement et a démontré la capacité à supprimer l’infrastructure de sécurité tout en maintenant (apparemment) des métriques de sécurité acceptables. Reste à voir si cela se traduit par un calendrier crédible d’ici la fin de l’année.
Implications pour l’investissement et la valorisation
Du point de vue boursier, les actions Tesla n’ont gagné que 8 % au cours de l’année écoulée, sous-performant le secteur dans son ensemble. La société se négocie à un ratio prix/ventes prospectif de 15,07, supérieur à la moyenne du secteur et à sa propre moyenne sur cinq ans. Tesla a un rang Zacks #4 (Vente) et obtient un F en termes de valorisation, ce qui indique que le prix actuel reflète un optimisme important quant aux futurs moteurs de croissance, comme le programme de robotaxis.
Ce contexte de valorisation renforce la question du calendrier. Si le déploiement des robotaxis continue de prendre du retard ou si Waymo et Zoox captent une part de marché significative, les multiples de valorisation élevés de Tesla pourraient être mis sous pression. À l’inverse, si Tesla parvient enfin à respecter la feuille de route de 2026 et à atteindre l’objectif d’un million de véhicules en usage commercial et de 10 millions d’abonnements à Full Self-Driving — tous deux liés à la rémunération importante de Musk — l’argument d’investissement se renforcera considérablement.
En résumé
Le calendrier de Tesla pour ses robotaxis en 2026 paraît plus crédible que ses versions précédentes. Les progrès réels, les données opérationnelles, l’urgence concurrentielle et les incitations financières convergent vers une exécution. Cependant, l’histoire de promesses vides de Tesla sur les délais autonomes justifie la prudence. Waymo et Zoox ont déjà prouvé que le marché existe et que la technologie fonctionne à grande échelle. La responsabilité revient désormais à Tesla de démontrer que ce calendrier est différent — et non simplement une autre cible ambitieuse vouée à être retardée.
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La chronologie de Tesla pour les Robotaxis en 2026 : briser un cycle de promesses non tenues ?
Tesla a construit sa réputation sur des délais ambitieux qui se révèlent souvent irréalistes. Le bilan de la société concernant ses engagements en matière de conduite autonome est mitigé : ses précédentes affirmations selon lesquelles elle atteindrait la moitié de la population américaine avec des véhicules entièrement autonomes d’ici la fin 2025 sont restées sans suite. Aujourd’hui, alors que l’entreprise étend ses opérations de robotaxis dans de nouvelles villes, une question cruciale demeure : ce calendrier est-il enfin basé sur la réalité ou s’agit-il d’une autre promesse creuse ? Le programme de robotaxis est essentiel pour la croissance de Tesla, mais le succès nécessite plus que des objectifs audacieux.
Des progrès qui exigent des preuves
Tesla a lancé son premier service de robotaxi à Austin, Texas, le 22 juin 2025, marquant une étape opérationnelle importante. Depuis, la flotte a parcouru près de 700 000 miles payants et s’est étendue à la région de la baie de Californie. Ce qui est particulièrement remarquable, c’est la trajectoire à Austin : en janvier 2026, Tesla avait retiré les moniteurs de sécurité de certains trajets clients, ce qui souligne une confiance croissante dans la fiabilité du système.
Les chiffres sont impressionnants sur le papier. La flotte de robotaxis compte désormais plus de 500 véhicules répartis entre Austin et la région de la baie, avec un déploiement qui double environ chaque mois, selon les divulgations récentes des résultats financiers. Tesla prévoit de lancer ses services dans sept autres villes — Dallas, Houston, Phoenix, Miami, Orlando, Tampa et Las Vegas — au cours du premier semestre 2026. Le Cybercab, conçu spécifiquement pour des opérations autonomes sans volant ni pédales, doit entrer en production de masse cette année et pourrait accélérer les efforts d’expansion.
Pourtant, une croissance impressionnante ne se traduit pas automatiquement par une viabilité commerciale. L’approbation réglementaire, la performance de sécurité soutenue et la confiance du public restent des obstacles cruciaux qui ont retardé les programmes autonomes dans toute l’industrie.
Le problème de la concurrence : pourquoi Waymo et Zoox comptent
Comprendre le calendrier de Tesla nécessite de prendre en compte la réalité concurrentielle à laquelle elle fait face. Waymo, filiale d’Alphabet, a déjà pris la tête du marché des robotaxis. Le service opère dans plusieurs villes américaines, enregistrant plus de 450 000 courses payantes par semaine selon les rapports récents — soit presque le double de son volume d’avril 2025. Waymo a déployé des capacités de conduite sur autoroute et s’est étendu à des villes comme Miami, Dallas, Houston, San Antonio et Orlando, suivant en gros le même modèle d’expansion géographique que Tesla poursuit actuellement.
Zoox, propriété d’Amazon, représente un défi différent mais tout aussi sérieux. Plutôt que de retrofiter des véhicules existants, Zoox a conçu un navette autonome spécialement conçue, avec des sièges orientés vers l’intérieur, optimisés pour le covoiturage. La société a lancé des trajets publics gratuits à Las Vegas et San Francisco en 2025, et prévoit d’introduire des services payants en 2026. Ces deux concurrents prouvent que le marché de la mobilité autonome existe bel et bien — et que Tesla doit faire face à de véritables rivaux, pas à des concurrents hypothétiques.
La présence de ces acteurs établis souligne l’importance du calendrier de Tesla. La société ne se contente plus de courir après ses propres ambitions ; elle doit rivaliser avec des entreprises qui ont déjà démontré la capacité à opérer à grande échelle des robotaxis. Cette pression supplémentaire rend les calendriers vides de sens plus coûteux.
Le facteur Musk : la crédibilité en jeu
Elon Musk a déclaré publiquement que les véhicules Tesla entièrement autonomes pourraient atteindre environ 25 à 50 % de la population américaine d’ici la fin 2026, sous réserve de l’approbation réglementaire. Cela fait écho à sa déclaration de juillet 2025 selon laquelle la moitié de la population américaine serait atteinte d’ici la fin 2025 — une affirmation qui ne s’est pas concrétisée.
La question n’est pas de savoir si les objectifs de Musk sont ambitieux ; ils le sont clairement. La vraie question est de savoir si les progrès concrets — 500 véhicules, une augmentation quotidienne du déploiement, le retrait des moniteurs de sécurité — représentent une véritable accélération ou s’il ne s’agit que d’étapes incrémentielles qui ne comblent pas encore l’écart entre promesse et réalisation. Historiquement, le calendrier des robotaxis a montré une certaine flexibilité, s’étirant au-delà des attentes initiales.
Cela dit, cette fois, les progrès semblent nettement différents. La société a accumulé des données opérationnelles significatives, s’est étendue géographiquement et a démontré la capacité à supprimer l’infrastructure de sécurité tout en maintenant (apparemment) des métriques de sécurité acceptables. Reste à voir si cela se traduit par un calendrier crédible d’ici la fin de l’année.
Implications pour l’investissement et la valorisation
Du point de vue boursier, les actions Tesla n’ont gagné que 8 % au cours de l’année écoulée, sous-performant le secteur dans son ensemble. La société se négocie à un ratio prix/ventes prospectif de 15,07, supérieur à la moyenne du secteur et à sa propre moyenne sur cinq ans. Tesla a un rang Zacks #4 (Vente) et obtient un F en termes de valorisation, ce qui indique que le prix actuel reflète un optimisme important quant aux futurs moteurs de croissance, comme le programme de robotaxis.
Ce contexte de valorisation renforce la question du calendrier. Si le déploiement des robotaxis continue de prendre du retard ou si Waymo et Zoox captent une part de marché significative, les multiples de valorisation élevés de Tesla pourraient être mis sous pression. À l’inverse, si Tesla parvient enfin à respecter la feuille de route de 2026 et à atteindre l’objectif d’un million de véhicules en usage commercial et de 10 millions d’abonnements à Full Self-Driving — tous deux liés à la rémunération importante de Musk — l’argument d’investissement se renforcera considérablement.
En résumé
Le calendrier de Tesla pour ses robotaxis en 2026 paraît plus crédible que ses versions précédentes. Les progrès réels, les données opérationnelles, l’urgence concurrentielle et les incitations financières convergent vers une exécution. Cependant, l’histoire de promesses vides de Tesla sur les délais autonomes justifie la prudence. Waymo et Zoox ont déjà prouvé que le marché existe et que la technologie fonctionne à grande échelle. La responsabilité revient désormais à Tesla de démontrer que ce calendrier est différent — et non simplement une autre cible ambitieuse vouée à être retardée.