L'excédent mondial de sucre entraîne un effondrement des prix sur les marchés de Londres et de NY

Les marchés à terme du sucre ont connu une chute spectaculaire cette semaine, avec le contrat de mars à New York (SBH26) chutant de 2,99 % et le sucre blanc ICE de Londres (SWH26) reculant de 1,55 %. La vente massive a poussé les contrats à terme de NY à leur niveau le plus bas en 2,5 mois, tandis que les prix à Londres ont atteint un creux sur 5 ans. Derrière cette détérioration brutale des prix se cache un changement fondamental dans la situation de l’offre mondiale, alimenté par une production en forte hausse dans les principales nations exportatrices et par des politiques d’exportation élargies qui inondent les marchés internationaux avec un excédent de stocks.

La production record du Brésil submerge le sentiment de marché

Le Brésil est au centre de l’explosion de l’offre, avec une production dans la région Sud-Centre pour 2025-26 qui s’élève à 40,222 MMT, soit une augmentation de 0,9 % en glissement annuel jusqu’en décembre, selon Unica. Plus frappant encore est la mutation du mix de production du pays : la canne broyée spécifiquement pour la production de sucre a augmenté à 50,82 % contre 48,16 % lors de la saison précédente, signalant une orientation délibérée vers une production accrue de sucre.

En regardant vers l’avenir, l’agence de prévision gouvernementale brésilienne Conab a relevé son estimation de production pour 2025-26 à 45 MMT en novembre, ce qui représente une forte hausse de 2,3 % en glissement annuel et portera la production à des niveaux records. Cependant, le cabinet de conseil Safras & Mercado prévoit que des soulagements pourraient intervenir lors des saisons suivantes, en anticipant une baisse de 3,91 % de la production 2026-27 à 41,8 MMT, ce qui devrait apporter un soutien modeste aux prix à long terme.

La hausse de la production en Inde exerce une pression sur les marchés mondiaux

La trajectoire de production de l’Inde s’est avérée encore plus favorable pour l’offre, avec l’Association des sucreries indiennes (ISMA) rapportant une augmentation de 22 % de la production en glissement annuel d’octobre à mi-janvier, atteignant 15,9 MMT. L’ISMA a ensuite relevé sa prévision pour la saison complète 2025-26 à 31 MMT en novembre, soit une hausse de 18,8 % par rapport à l’année précédente — stimulée par des conditions de mousson favorables et par une extension des plantations.

Peut-être plus significatif pour les traders suivant l’évolution des prix sur Barchart et autres plateformes de données de marché, le gouvernement indien a indiqué sa volonté de renforcer considérablement les exportations de sucre. Le ministère de l’Alimentation a approuvé 1,5 MMT d’exportations pour la saison en cours après que le pays ait maintenu des quotas stricts depuis 2022-23. L’ISMA a également réduit son estimation pour le sucre destiné à la production d’éthanol à 3,4 MMT contre une prévision précédente de 5 MMT, libérant ainsi des volumes supplémentaires pour l’exportation et exerçant une pression supplémentaire sur les prix internationaux.

La Thaïlande et les producteurs régionaux intensifient la concurrence

La Thaïlande, troisième plus grand producteur mondial et deuxième exportateur, prévoit une augmentation de 5 % de la production pour 2025-26, atteignant 10,5 MMT selon la Thai Sugar Millers Corp. Lorsqu’on y ajoute de modestes augmentations de la part du Pakistan et d’autres fournisseurs régionaux, l’effet cumulé crée des vents contraires redoutables pour la reprise des prix mondiaux.

Les prévisions institutionnelles anticipent une période prolongée d’abondance

L’ampleur de l’excédent de l’offre a incité de nombreux organismes de prévision à augmenter considérablement leurs estimations de surplus. Green Pool Commodity Specialists prévoit un surplus mondial de 2,74 MMT pour 2025-26, tandis que StoneX évalue ce chiffre à 2,9 MMT. Plus pessimiste, le trader de sucre Czarnikow a porté sa prévision de surplus à 8,7 MMT, bien que l’Organisation internationale du sucre ait adopté une approche plus mesurée avec une projection de surplus de 1,625 MMT pour 2025-26.

Peut-être le plus significatif, le rapport de décembre de l’USDA prévoit une augmentation de 4,6 % de la production mondiale à un record de 189,318 MMT, tandis que la consommation n’augmente que de 1,4 %, atteignant 177,921 MMT. Cette divergence entre l’offre et la demande explique pourquoi les acteurs du marché de Londres et les traders suivant les données de Barchart deviennent de plus en plus pessimistes. Les stocks de fin de période mondiaux devraient seulement diminuer de 2,9 % pour atteindre 41,188 MMT, malgré la production élevée, ce qui suggère que des approvisionnements abondants persisteront jusqu’en 2026-27.

Une lueur d’espoir provient des projections à plus long terme : Covrig Analytics note que la faiblesse des prix finira par décourager tout nouvel investissement dans la production, ce qui pourrait réduire le surplus mondial de 2026-27 à 1,4 MMT, à mesure que les producteurs réorienteront leurs terres vers d’autres cultures. Pourtant, cette perspective lointaine offre peu de réconfort à ceux qui détiennent des positions dans la saison actuelle, caractérisée par une abondance soutenue.

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