La position boursière de Michael Burry contre Oracle : pourquoi l'investisseur légendaire voit un risque dans le pari cloud IA

L’investisseur qui a anticipé de manière célèbre l’effondrement financier de 2008 a tourné son regard analytique vers Oracle, et son évaluation est résolument baissière. Michael Burry a récemment révélé via un post sur Substack qu’il maintient une position short sur l’action Oracle tout en détenant simultanément des options put sur la société. Cette divulgation marque sa dernière incursion dans la critique de ce qu’il perçoit comme un déploiement excessif de capitaux, motivé davantage par l’ambition d’entreprise que par une stratégie économique saine.

Pour Michael Burry, l’action Oracle représente une opportunité de vente à découvert unique dans le secteur technologique — une qui diffère fondamentalement de son approche vis-à-vis d’autres géants de la tech. La position s’appuie sur des divulgations baissières antérieures concernant Nvidia et Palantir, mais le commentaire de Burry sur Oracle reflète une préoccupation spécifique : le pivot agressif de l’entreprise vers le cloud computing exige des ressources financières substantielles, la laissant exposée de manières que ses concurrents mieux diversifiés ne le sont pas.

Turbulences de l’action Oracle en 2024 : de l’optimisme sur l’IA à l’anxiété de la dette

L’action Oracle a connu des fluctuations dramatiques tout au long de 2024, dessinant un tableau de secousses dans le sentiment des investisseurs. La société a enregistré une hausse remarquable de 36 % en une seule séance à l’automne 2024 après avoir publié des projections optimistes de revenus cloud liées à la demande en infrastructure d’intelligence artificielle. Cet enthousiasme s’est évaporé lorsque les marchés ont recentré leur attention sur les préoccupations concernant les dépenses en capital, l’augmentation des niveaux d’endettement et les questions sur la solidité structurelle des accords de services cloud.

À la fin de 2024, l’action Oracle avait cédé environ 40 % de ses gains issus du pic saisonnier, effaçant la confiance des investisseurs dans la narration de transformation axée sur le cloud. La détérioration reflète des inquiétudes croissantes concernant la dette de 95 milliards de dollars d’Oracle — la plus importante parmi les sociétés non financières de l’indice obligataire Bloomberg à haut rendement. Ce fardeau de la dette place l’entreprise dans une position précaire alors qu’elle continue de financer l’expansion de ses infrastructures de centres de données pour rester compétitive sur le marché du cloud optimisé pour l’IA.

La logique stratégique : pourquoi Michael Burry préfère vendre à découvert Oracle plutôt que d’autres géants de la tech

L’approche sélective de Michael Burry concernant la vente à découvert de titres technologiques révèle une réflexion sophistiquée sur le risque asymétrique. Il a explicitement évité de prendre des positions short contre Meta, Alphabet et Microsoft malgré leurs investissements importants dans l’intelligence artificielle. Son raisonnement se concentre sur la composition du portefeuille et la résilience des entreprises.

Vendre à découvert Meta le mettrait en danger face à sa position dominante dans les médias sociaux et la publicité numérique. De même, vendre à découvert Alphabet reviendrait à parier contre la domination de Google dans la recherche, tandis que short Microsoft signifierait parier contre son empire de logiciels de productivité. Ces entreprises disposent de flux de revenus diversifiés qui génèrent suffisamment de trésorerie pour résister même à des investissements erronés importants dans l’IA.

L’action Oracle présente un calcul de risque différent. L’expansion dans le cloud représente un pivot stratégique transformateur plutôt qu’une extension naturelle de ses forces existantes. Son activité historique de bases de données, bien que rentable, ne possède pas les caractéristiques défensives de la forteresse publicitaire de Meta, du fossé de recherche de Google ou de l’écosystème de productivité d’entreprise de Microsoft. Oracle mise sur le succès de son cloud computing pour son avenir, d’une manière que ses rivaux plus grands ne sont tout simplement pas obligés de faire.

Burry a résumé sa perspective de manière brutale : « Je n’aime pas la position qu’il adopte ni les investissements qu’il réalise. Il n’avait pas besoin de faire ce qu’il fait, et je ne comprends pas pourquoi il le fait. Peut-être l’ego. » Cette critique dépasse l’analyse d’investissement standard pour soulever des questions sur la nécessité stratégique et les motivations corporatives.

Expansion des centres de données et dilemme de l’intensité capitalistique

Le fondement du scepticisme de Michael Burry concernant l’action Oracle repose sur l’efficacité de l’allocation des capitaux. La construction du cloud de l’entreprise exige des dépenses sans précédent en infrastructures de centres de données — une opération à forte intensité capitalistique nécessitant des investissements massifs en continu. Cela oblige Oracle à absorber une dette à des niveaux qui surpassent largement les normes historiques du secteur des logiciels d’entreprise.

La tension semble particulièrement aiguë étant donné le scepticisme plus large de Burry concernant l’économie de l’intelligence artificielle. Il a qualifié Nvidia de « la manière la plus concentrée » de vendre à découvert le battage autour de l’IA, notant que Nvidia représente le sommet du sentiment autour de l’expansion de l’IA. Il envisagerait théoriquement de vendre à découvert OpenAI à une valorisation de 500 milliards de dollars, soulignant sa conviction que les cycles d’investissement dans l’infrastructure IA dépassent actuellement les retours économiques rationnels.

L’action Oracle, alors, occupe une position intermédiaire dans la taxonomie de Burry des actions exposées à l’IA : pas la plus directe sur les dépenses en infrastructure IA, mais suffisamment exposée pour hériter des risques d’exécution que ses rivaux mieux capitalisés peuvent absorber. La branche historique de l’entreprise ne fournit pas de coussin suffisant pour compenser les erreurs stratégiques dans sa transformation cloud à enjeux élevés.

Le succès documenté de Burry dans la prévision de dislocations majeures du marché confère à son analyse de l’action Oracle un poids particulier. Que sa position short actuelle s’avère perspicace ou prématurée restera probablement incertain pendant des mois ou des années. Ce qui demeure clair, c’est que l’investisseur légendaire voit dans Oracle une incarnation des contradictions d’une transformation forcée, d’une manière que ses rivaux mieux équipés par des flux de revenus diversifiés ne peuvent pas.

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