
L’Internal Revenue Service (IRS) a soumis à la Maison-Blanche une proposition majeure visant à adopter le Crypto-Asset Reporting Framework (CARF) élaboré par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Cette initiative représente une étape stratégique pour renforcer la transparence fiscale internationale concernant les cryptomonnaies et les actifs numériques. L’IRS a transmis le document officiel à la fin du dernier trimestre de l’an passé sous l’intitulé « Reporting of Digital Asset Transactions by Brokers », illustrant l’attention croissante des gouvernements à l’égard de la régulation du secteur des actifs numériques.
Le Crypto-Asset Reporting Framework (CARF) vise à instaurer une norme mondiale unifiée pour la transparence fiscale au sein de l’industrie des cryptomonnaies. Dans ce cadre, les pays membres doivent échanger automatiquement des informations sur les avoirs et transactions en crypto-actifs de leurs ressortissants. Ce mécanisme cible essentiellement les acteurs majeurs de l’écosystème crypto, tels que les plateformes d’échange centralisées et les prestataires de portefeuilles numériques.
Le CARF impose à ces entités des exigences strictes, notamment une vérification approfondie Know Your Customer (KYC) et une déclaration financière régulière auprès des autorités fiscales compétentes. Les données à fournir portent sur les détails des transactions, les soldes des comptes et les profits issus du trading d’actifs numériques. Par ce dispositif, les gouvernements cherchent à réduire les failles fiscales et à garantir que les investisseurs en cryptomonnaies respectent leurs obligations fiscales.
Le cadre CARF bénéficie d’un large soutien international, 74 pays s’étant engagés à le mettre en œuvre dans les prochaines années. Ces États prévoient un déploiement complet entre 2027 et 2028, ce qui témoigne d’une coordination accrue à l’échelle mondiale sur la régulation des cryptomonnaies.
L’Union européenne pilote ces efforts internationaux et prévoit de commencer la collecte de données avant la majorité des autres pays. Les États membres de l’UE devraient débuter la collecte des données sur les transactions numériques dès cette année, leur donnant une longueur d’avance dans l’application des standards de transparence fiscale sur les crypto-actifs. Ce calendrier accéléré reflète l’urgence croissante ressentie par les gouvernements pour renforcer la surveillance d’un marché des cryptomonnaies en forte expansion.
L’adoption du CARF devrait transformer en profondeur l’industrie crypto à l’échelle mondiale. Les plateformes d’échange centralisées et les prestataires de portefeuilles numériques devront assumer des coûts de conformité additionnels significatifs pour mettre en place des systèmes avancés de collecte et de déclaration régulière des données. Ces coûts pourraient entraîner une hausse des frais de service pour les utilisateurs, voire pousser certaines plateformes de plus petite taille à quitter le marché si elles ne peuvent répondre aux exigences réglementaires.
Pour les investisseurs, cette évolution se traduira par une transparence accrue et davantage de responsabilités fiscales. Les profits issus du trading d’actifs numériques ne pourront plus être dissimulés, ce qui pourrait influencer le comportement des investisseurs et leurs stratégies en matière d’imposition. En parallèle, ce cadre pourrait renforcer la crédibilité institutionnelle des cryptomonnaies et attirer des investisseurs institutionnels recherchant un environnement réglementaire clair.
L’implémentation du CARF soulève plusieurs défis techniques et juridiques. Sur le plan technique, l’échange de données transfrontalier exige une infrastructure numérique avancée et des protocoles de protection des données robustes afin de préserver la confidentialité des utilisateurs. Le cadre pose également la question de la conformité des protocoles décentralisés et des portefeuilles non-custodial, qui ne répondent pas aux exigences classiques du KYC.
Sur le plan juridique, certains pays pourraient éprouver des difficultés à harmoniser leur législation nationale avec les exigences du CARF, notamment en matière de protection des données et de respect de la vie privée. Une mise en œuvre échelonnée selon les juridictions pourrait aussi créer des failles réglementaires exploitables par des fraudeurs fiscaux.
En dépit de ces défis, le CARF s’impose comme une étape majeure vers l’intégration des cryptomonnaies au système financier classique. À mesure que le secteur évolue, la transparence fiscale devrait devenir un élément central du paysage réglementaire des actifs numériques, contribuant à la stabilité des marchés et à la protection durable des investisseurs.
Le cadre proposé impose aux pays membres d’échanger automatiquement des données sur les avoirs et transactions en cryptomonnaies de leurs ressortissants, ce qui renforce la transparence fiscale. Il crée également des obligations de conformité pour les prestataires de services crypto, incluant les plateformes d’échange et les fournisseurs de portefeuilles numériques.
Le nouveau cadre fiscal accroît les obligations de déclaration pour les traders de faible volume tout en réduisant les taux pour les traders de volumes plus importants. Les investisseurs doivent s’adapter à un nouveau système de paiement trimestriel de l’impôt, assorti de restrictions sur la déductibilité des pertes.
Les détenteurs de cryptomonnaies doivent déclarer l’ensemble de leurs transactions à l’IRS, acquitter l’impôt sur les plus-values et respecter les nouvelles obligations de déclaration, notamment le formulaire 1099 pour les ventes et profits réalisés.
L’IRS assimile la cryptomonnaie à un bien et non à une devise, ce qui signifie que chaque transaction génère un impôt sur les plus-values. D’autres pays peuvent appliquer des taux plus faibles ou des exonérations selon la durée de détention, tandis qu’aux États-Unis, une déclaration précise est requise pour les transactions importantes, contrairement à certains pays aux politiques plus souples.
Les plateformes doivent enregistrer les détails de transaction des utilisateurs, se conformer aux nouveaux formulaires fiscaux tels que le 1099-DA et permettre aux utilisateurs de déclarer précisément leurs revenus issus des cryptomonnaies.











